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Israël se prépare à décrocher la lune

Mardi 5 mars 2019
Publié dans Regards n°1039

L’entreprise privée Space IL s’est donné pour ambition d’envoyer pour la première fois un engin spatial israélien sur la lune. Un projet né voilà huit ans, visant à inspirer la prochaine génération à se consacrer à des projets scientifiques.

Un grand pas pour l’Etat hébreu… Si tout se déroule comme prévu, d'ici au 11 avril, la société Space IL aura concrétisé son rêve : envoyer pour la première fois un engin spatial israélien sur la lune. Ce vaisseau inhabité répondant au nom évocateur de « Beresheet » a été lancé le 22 février depuis Cap Canaveral en Floride, par une fusée de SpaceX. Fruit de huit ans de travail, ce projet devrait permettre à Israël de devenir le quatrième pays à atteindre la lune après les Etats-Unis, la Russie et la Chine. C’est aussi la première fois qu’une telle mission est mise en œuvre par une association privée à but non lucratif.

La mission de cet engin pesant moins de 600 kilos, soit le plus petit vaisseau spatial jamais posé sur la lune ? Planter un drapeau israélien sur la lune, portant l’inscription « Israël vivra à tout jamais » ; prendre des photos et des vidéos du site d’atterrissage ; et mesurer le champ magnétique de la lune lors d’une mission de 48 heures menée dans le cadre d’une expérience scientifique menée en collaboration avec l’Institut de recherches Weizmann. Le voyage de l’engin spatial durera environ deux mois. L’engin emporte une capsule contenant des disques numériques avec des dessins d'enfants, des chansons et des images de symboles israéliens, les souvenirs d'un rescapé de la Shoah et une Bible. La capsule sera laissée sur la Lune comme témoignage pour les générations futures. Une chose est sûre : ce projet marque d’ores et déjà un tournant pour l’industrie spatiale israélienne qui, jusqu’à présent, ne s’est investie que dans des projets liés à la sécurité, notamment les lancements de satellite pour la surveillance terrestre et aérienne.

Il s’agit surtout d’une aventure humaine de longue haleine. Derrière cette initiative se cachent en effet trois jeunes ingénieurs israéliens : Yariv Bash, Kfir Damari et Yonatan Winetraub. Le trio s’est porté candidat d’un concours lancé en 2010 par la fondation Google Lunar X Prize, qui proposait 25 millions d’euros de récompense pour inciter des scientifiques et des entrepreneurs à mettre au point des missions lunaires à un faible coût. Ils se sont, pour ce faire, associés au plus grand groupe aéronautique public Israel Aerospace Indutries pour concevoir un vaisseau de petite taille capable de se poser sur la lune. Leur performance ne passe pas inaperçue puisque l’équipe israélienne se hisse parmi les cinq finalistes.

« L’effet Apollo » à l’échelle israélienne

Las, Google décide en mars 2018 de se désengager de ce programme, sans qu’aucun des finalistes n’ait été départagé. Qu’à cela ne tienne, les Israéliens décident de poursuivre leur audacieuse route. Ce projet est pour nous « une manière d’illustrer l’excellence de notre pays dans les domaines de la science, de la technologie et de l’éducation », a expliqué le président de Space IL, Ido Anteby, un ingénieur aéronautique, formé à l’Université Ben-Gourion de Beer Sheva. 

De fait, cette entreprise ambitionne ni plus ni moins « de recréer à l’échelle israélienne un “effet Apollo” ». A savoir un phénomène de nature à inspirer la prochaine génération et à l'inciter à se consacrer à des projets scientifiques. L’idée n’a pas manqué de séduire. C’est ainsi que le gouvernement israélien soutient SpaceIL de plusieurs manières, notamment en finançant environ 10 % de son budget. Même si les soutiens viennent principalement de donateurs privés. Le projet dont le coût a avoisiné 100 millions de dollars repose sur la générosité de plusieurs donateurs, qu’il s’agisse de Morris Kahn, principal sponsor de l’initiative, mais aussi de la famille Adelson, Lynn Schusterman, Sami Sagol ou encore Stephen et Nancy Grand. Tandis qu’une centaine de bénévoles se sont mobilisés pour le développement des activités éducatives.

Autre motif de fierté pour Israël : le projet est porté par une cinquantaine d’employés et consultants, ainsi qu’une dizaine de chercheurs du groupe Israel Aerospace Industries qui a participé à la construction de la capsule. Soit, au final, un effectif restreint comparé aux 17.000 salariés de la Nasa qui a investi… 20 milliards de dollars dans le projet Apollo ! Reste que l’aventure spatiale israélienne nourrit d’autres espoirs. Comme celui d’envoyer un second astronaute dans l’espace. Cette requête a en tout cas été présentée l’été dernier par le ministre israélien des Sciences et de la Technologie, Ofir Akunis, au nouveau patron de la Nasa en visite dans le pays… Une façon de poursuivre le rêve d’Ilan Ramon, le premier astronaute israélien pour la Nasa qui périt le 1er février 2003 dans l’accident de la navette spatiale Columbia.


 
 

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http://www.respectzone.org/fr/
  • Par Ezekiel - 20/03/2019 - 21:02

    Le 12 avril on lira un communiqué du CCLJ condamnant l occupation israélienne d un morceau de la lune

  • Par santo - 23/03/2019 - 16:30

    Et si le CCLJ diffuse ce communiqué ce sera tout à son honneur n'en déplaise à cet Ezekiel qui ne vient ici que pour critiquer le CCLJ

  • Par Ezekiel - 26/03/2019 - 21:04

    Santo,

    Je n ai rien contre le CCLJ mais contre les juifs qui ne savent faire que critiquer le gouvernement légitime de l état d Israël.

    Malheureusement le CCLJ fait partie de ceux là

    E.M.