Au CCLJ

Hanoucca, la fête des lumières

Mardi 5 décembre 2017 par Delphine Szwarcburt
Publié dans Regards n°873 (1013)

Alors que les jours deviennent de plus en plus courts et que la lumière se fait rare, les Juifs du monde entier se préparent à allumer les bougies de la hanouccia pour faire reculer les ténèbres et célébrer le miracle de Hanoucca.

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    D'après des enquêtes récentes, cette « Fête des Lumières » serait l’une des plus observées dans les communautés juives de diaspora. Cela n’a pas toujours été le cas : en quelques décennies, la célébration de Hanoucca a évolué et d’une fête mineure, a accédé au statut de fête majeure, notamment en raison de la pression qu’exerce Noël sur les familles juives qui vivent dans des pays à tradition chrétienne.

    Si le phénomène a débuté aux Etats-Unis, il se répand de plus en plus en Europe où il n’est plus rare de voir des familles décorer leur « Hanoucca tree » (sapin de Hanoucca) et distribuer jouets et cadeaux à la place des traditionnelles petites pièces ou « Hanoucca gelt ».

    Dans des pays où les fêtes de fin d’année jouent un rôle social important, l’évolution du statut de Hanoucca permet aux communautés juives de se sentir intégrées tout en affirmant leur culture et leur héritage.

    Une histoire de famille…

    Hanoucca est non seulement l’occasion de se rappeler la victoire héroïque des Maccabim et l’histoire miraculeuse de la petite fiole d’huile, mais aussi le moment idéal pour les enfants, parents et grands-parents de se réunir en famille et de découvrir un véritable sentiment de communauté.

    La transmission est l’une des valeurs fondamentales du judaïsme et le rapport entre les générations est vital. Chaque membre d’une famille est responsable des autres et de la communauté tout entière. Célébrer les fêtes ensemble permet de ne pas briser la chaîne de la continuité, mais ces moments privilégiés renforcent aussi le sentiment d’appartenance à une famille, à un peuple, à l’humanité tout entière.

    Le récit de cette victoire « d’un petit nombre contre une multitude » nous fait prendre conscience que chacun peut changer l’histoire avec du courage et de la persévérance. A nous, petits et grands, de prendre exemple sur les Maccabim et de garder intact notre esprit de révolte lorsque nous sommes confrontés à des injustices. En allumant les bougies, nous perpétuons l’éternel combat de la lumière contre les ténèbres, du Bien contre le Mal, opposition présente dans toutes les traditions.

    … et de symboles

    Hanoucca symbolise le combat du peuple juif contre l’assimilation forcée ; le combat pour la survie spirituelle du judaïsme et son identité face aux autres courants de pensée. C’est la lumière de la vie juive que les Grecs voulaient éteindre définitivement. Hanoucca nous offre une leçon de courage, celui d’une minorité luttant avec acharnement pour défendre ses propres valeurs. Cette fête nous enseigne le respect de l’autre et de sa volonté de vivre en préservant sa culture et ses traditions.

    Hanoucca est aussi une histoire d’hommes et de femmes : elle nous enseigne le besoin de s’unir, de s’organiser, d’agir, de combattre, d’utiliser toutes les ressources de notre ingéniosité, bref, de prendre notre destin en main et de ne pas se laisser aller à la seule prière pour envisager un avenir meilleur. L’étude, la prière, la contemplation et la dépendance vis-à-vis de Dieu ne peuvent jamais remplacer la prise de responsabilité. Le miracle, s’ils ne l’ont pas attendu, ils l’ont créé de leurs propres mains.

    Quant à la légende de l’huile qui brûla 8 jours, c’est une histoire merveilleuse, mais qui intervient après les faits et la victoire.Cette histoire est visiblement absente du récit des premiers et seconds Maccabées qui décrivent le soulèvement politique. Bien plus, l’histoire du « miracle de Hanoucca » fut inventée par des rabbins des centaines d’années plus tard pour amoindrir la responsabilité des hommes et des femmes face à leur destin et pour exalter notre dépendance par rapport aux interventions surnaturelles.

    Le Talmud nous enseigne que seule la lumière ne diminue pas quand on la divise, au contraire, elle augmente. Cette année encore, dans tous les foyers juifs et au CCLJ, nous ferons briller ces lumières en espérant qu’elles éclairent le monde et fassent reculer l’obscurité.

    Venez célébrer Hanoucca avec nous au CCLJ le vendredi 15 décembre 2017
    Entrée libre à la cérémonie.
    Réservation indispensable pour le repas spaghetti : 02/543.01.01 ou [email protected]

     
     

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    http://www.respectzone.org/fr/
    • Par Thierry - 12/12/2017 - 8:07

      Je trouve sympathique que des familles juives fassent des sapins d'Hanoucca et distribuent des cadeaux aux enfants comme le font les familles chrétiennes qui, à Noël, célèbrent la venue au monde l'enfant Jésus, fils de David et d'Abraham (cf. Généalogie de Jésus, Évangile selon Matthieu, 1,2). Ces deux fêtes sont celles de l'Espérance au coeur de l'hiver. Bonne fête d'Hanoucca !

    • Par Shoshana - 12/12/2017 - 13:39

      Je souhaite que cette fête apporte au président du CCLJ la lumière nécessaire devant lui permettre à l'avenir d'éviter de publier des communiqués provocateurs

    • Par Etienne - 13/12/2017 - 15:55

      Comme d'habitude, à pareille époque, j'écris le même commentaire. Selon toute vraisemblance, les valeureux combattants de Judas Maccabée n'ont pas affronté le moindre hoplite grec, du moins si on entend par grec des gens de l'Attique, de la Béotie, du Péloponnèse, de l'Argolide ou de l'Ionie.Au Proche Orient à l'époque des Maccabées, les Séleucides - plus ou moins les Macédoniens de Mésopotamie- avait remplacé les Lagides, les Macédoniens d'Egypte, comme puissance dominante. Ils s'étaient d'emblée montrés favorables aux Juifs qui, à leur tour, se révélèrent d'excellents alliés. Hélas pour eux tous, Rome commençait alors à lever le regard vers la région.Antiochos III, le souverain séleucide, se lança dans une entreprise subtile: contrecarrer les ambitions de Rome tout en sollicitant son alliance. Il eut toutefois la malencontreuse idée de recueillir le fugitif Hannibal à sa cour. Quoiqu'il en soit, Rome ne fut pas dupe et le propre frère de Scipion l'Africain monta une expédition militaire. Il imposa des conditions de paix très sévères aux Séleucides, dont une amende pharamineuse de 15.000 talents.Antiochos, qui n'en avait pas le premier chalque, se mit à piller les temples de sa région. Les temples à cette époque jouaient le rôle de caisse d'épargne mais les violer constituait une crime inexpiable. Antiochos périt d'ailleurs au cours d'une de ses tentatives de "braquage".Son fils, qui héritait des dettes et du trône paternels, lorgna sur le temple de Jérusalem et ses richesses...Chacun connaît la suite. Ce fut la victoire du petit nombre contre la multitude, comme le rappelle si bien Delphine Szwarcburt. Ce fut aussi, et peut-être surtout, le début de la tutelle de Rome, non seulement sur Jérusalem mais sur toute la région...