Nouvelle génération

Marco Schneebalg, la foi du militant

Mardi 1 mai 2018 par Géraldine Kamps
Publié dans Regards n°882 (1022)

Tout au long de son jeune parcours, Marco Schneebalg s’est engagé pour défendre ses valeurs, qu’elles aient trait à l’identité juive, à l’enseignement de l’économie, à l’égalité des sexes, ou à la paix en Israël. Preuve que le militantisme des jeunes reste une réalité.

Marco Schneebalg

Marco Schneebalg est né à Bruxelles il y a 27 ans, de mère milanaise et de père anversois. Scolarisé à Beth Aviv, puis à l’Athénée Catteau, il maintient le lien avec la communauté juive grâce à l’Hashomer Hatzaïr qu’il rejoint à l’âge de 10 ans. « C’est elle qui a forgé mon identité juive, non religieuse, sioniste, et très bruxelloise, avec une culture et des amis qui sont restés une base solide dans ma vie », confie celui qui terminera comme rosh ken (responsable) du mouvement en retenant de cette expérience l’apprentissage de la vie en communauté, l’envie d’apprendre, mais aussi les valeurs de gauche et de partage.

Avec des parents impliqués au CCLJ, une éducation juive qui se 
limite à la célébration des fêtes et « à la tournée des trois synagogues à Yom Kippour pour voir le plus de monde ! », Marco grandit dans la tradition ashkénaze et italienne (plutôt que sépharade), parlant le français et l’italien à la maison.

En 2008, il sera le premier en Belgique à participer à la Shnat Hachshara, dont l’objectif est de préparer pendant un an en Israël les nouveaux leaders des communautés juives à travers le monde. Marco Schneebalg passera quatre mois au kibboutz Holit, près de Gaza, en même temps que commence la guerre de 2009, laquelle ne fera que renforcer son envie d’œuvrer pour la paix. Quatre autres mois à Michmar haEmek, au nord du pays, lui donneront l’occasion de perfectionner son hébreu et d’enseigner l’anglais à travers le théâtre dans un village arabe israélien, avec de travailler comme volontaire à Nahariya dans l’accueil des immigrés éthiopiens.

C’est finalement en Angleterre qu’il choisit de suivre des études de Philosophie politique et économie, à l’Université de Manchester. Gardant en mémoire les événements de 2009, il participe à la création du Manchester Israel Palestine Forum, conscient « des grosses tensions sur le campus », pour faire se rencontrer étudiants juifs et musulmans en abordant le conflit. Vingt événements seront organisés sur trois ans, dont une conférence sur les médias « Sont-ils biaisés pour l’un et l’autre ? » « Lorsqu’on a posé la question au public présent en lui demandant s’il jugeait les médias pro-Israéliens, la moitié de la salle a levé la main… », se souvient Marco. « Et lorsqu’on lui a demandé s’ils étaient pro-Palestiniens, c’est l’autre moitié qui s’est manifestée ! Tout le monde s’est regardé… réalisant que chacun était influencé par le milieu dans lequel il grandissait. L’analyse politique, l’humanisation de l’autre, et mes voyages sur place ont réellement changé ma perspective sur le conflit ».

Tout en restant investi dans la cause, Marco Schneebalg poursuit avec un Master en Science éco à l’Université de Cambridge. Jugeant les cours trop théoriques, il est un des premiers à rejoindre le mouvement « Rethinking Economics » (et est encore actif au sein de son CA), espérant faire changer la façon dont l’économie est enseignée. Plusieurs groupes de réflexion verront le jour en Angleterre, pour constituer aujourd’hui un réseau de plus de 80 groupes, actifs dans 40 pays. « Avant, il n’existait pas de cours d’histoire économique sur la crise 
financière, c’est à présent obligatoire. Beaucoup de manuels sont en train de changer, la pression des étudiants a conduit à une prise de conscience », se félicite celui qui apporte encore son expertise sur le sujet, en militant contre la vision « très machiste » de cette discipline.

Les bases du judaïsme, essentielles

Depuis 2014, Marco Schneebalg travaille au département régulation bancaire de la Banque centrale d’Angleterre, dans l’objectif de préparer le système financier anglais au monde post-Brexit. Des préoccupations économiques qui ne l’empêchent pas de s’intéresser aux questions d’identité. « La culture juive en Angleterre est plus religieuse, avec la plupart des mouvements de jeunesse juifs rattachés à une synagogue », relève-t-il. « Même le courant réformiste, majoritaire, n’hésite pas à reprendre des chansons inspirées de la Torah. J’avais tendance à considérer nécessairement la gauche comme athée et la droite comme religieuse, mais vous voyez ici des féministes, des activistes et même des punks se rendre à la synagogue ! Ce n’est pas parce qu’on est athée qu’il faut être ignorant, je n’avais jamais ouvert une page du Talmud et j’ai réalisé que cela m’avait manqué dans mon éducation », souligne-t-il, suivant désormais l’Open Talmud Project, adressé comme de nombreux autres projets en Angleterre aux jeunes adultes juifs qui se sont éloignés de la communauté. Marco Schneebalg a par ailleurs gardé contact avec ses amis de l’Hashomer au sein de l’organisation des bogrim européens qu’il rejoint plusieurs fois par an pour débattre de thématiques relatives à l’évolution de la société : l’amour, la mort, l’écologie, le futur de la gauche en Europe…

Revenant sur les 70 ans d’Israël, Marco se dit préoccupé par l’avenir de l’éducation juive en Belgique. « Il est important de connaitre les bases du judaïsme, en donnant un rôle moins central à Israël au vu de son évolution ». Membre du Center for Jewish Nonviolence, comme 150 autres jeunes Juifs du monde entier, soutenant les 
actions non violentes d’activistes israéliens et palestiniens contre l’occupation, il insiste : « Etre juif, ce n’est pas forcément soutenir tout ce que fait Israël ». 


 
 

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  • Par Martin - 23/05/2018 - 18:57

    C est un article rédactionnel ou une publiscopie ?